
Aaaah les ami.e.s de S!LENCE …
Depuis le temps qu’elles existent, ces rencontres. J’y ai mis les pieds pour la première fois en
2006 ! Et voilà que je me mets à radoter : « En ce temps-là, les rencontres, c’était … »
Mais ce qui est certain, c’est que notre association est un être vivant, qui a connu les fastes
de la jeunesse, des remises en question, les mises en pratique des valeurs, les choix,
l’intégration petit à petit des enfants sur le camps, puis des ados, des rencontres
intergénérationnelles … Le nombre de personnes qui fut 400 mais aussi une petite vingtaine,
tout est fluctuant, tout change … SAUF ce petit quelque chose qui fait que les rencontres des
ami.e.s de S !LENCE sont toujours là, identiques et différentes chaque année.
Alors qu’est-ce qui fait « l’identité » de cette communauté à laquelle on tient ?
Les valeurs de la revue S!LENCE, bien sûr. Notre socle. Décroissance, écologie sociale. Même
si la communauté ne se résume pas aux lecteurs de la revue, on le sait : beaucoup adhèrent
aux valeurs mais ne la lisent pas, ou plus, ou pas encore. Merci à notre référent SILENCE
pour garder vivant le lien à la revue.
Je crois qu’il y a aussi les rituels. Ils nous rassurent, ils nous rassemblent, ils nous donnent
des repères.
La préparation des mets végétariens, devant les fours à bois autonomes. La criée à chaque
repas qui donnent des infos. L’Agora une fois par jour pour discuter et chercher ensemble un
consensus pour lever des difficultés de vie sur le camp. Le point baignade et le rire des
enfants. Les ateliers qui donnent à réfléchir, à créer, à s’exprimer, à apprendre, à mieux
comprendre des enjeux, à se rencontrer, à transmettre. Le feu de bois qui donne l’occasion
de jouer de la musique, de chanter, de se raconter des histoires. Et des petites occasions
qu’on aime revivre : le bal, le cabaret, les chantiers collectifs pour vivre concrètement nos
valeurs, sur le lieu d’accueil ou ailleurs.
Les rencontres des ami.e.s de S!LENCE, c’est un espace-temps pour expérimenter. Nous
sommes des « explorateurs d’alternatives ». Et pour ce faire, pour vivre les expériences en
sécurité, il y a un cadre. Un temps délimité, tout d’abord. Savoir qu’on est là pour quelques
jours, cela aide à relativiser les difficultés que l’on pourrait vivre, car elles ne sont que
passagères. Les espaces délimités ont aussi leur importance. Il y a l’espace collectif, où les
valeurs se vivent strictement, et les espaces privés, pour souffler, faire un point. Et puis nos
valeurs, écrites en couleur dans l’espace d’accueil : Oui, les ami.e.s de S !LENCE mettent la
barre haut : une empreinte carbone la plus basse possible, zéro dépendance, des relations
bienveillantes sans rapport de domination. Bien sûr, c’est un idéal. Comme tout idéal, il est
une étoile dans la nuit, il donne un sens sur le chemin de la vie. Sur le camps comme ailleurs,
personne n’est parfait. Mais ce que je trouve beau, c’est cette vigilance collective, aidés par
des outils collaboratifs indispensables, pour permettre à chacun de se sentir libre, de
s’exprimer, d’exister, d’expérimenter.
Que vive longtemps les am-i-es de S!LENCE
Myriam
